6 février 2012, Alicante, Espagne. Ça a commencé par un message sur Twitter ou quelque chose comme ça. “Tara Tari est à Alicante.”
OK – je n’ai jamais vu ce voilier de pêche construit en fibres de jute au Bangladesh, j’ai à peine croisé son constructeur, Corentin de Chatelperron, dans un couloir de la rédaction parisienne de Voiles et Voiliers … J’ai lu quelque part que Capucine Trochet a repris le bateau et qu’elle comptait traverser l’Atlantique avec. C’est tout.
Alors je lui ai envoyé un e-mail et elle m’a donné rendez-vous le dimanche au bateau.
J’y suis allée en ne sachant pas à quoi m’attendre. Capucine nous a montré le voilier et nous a parlé de son projet. Le bateau, construit au Bangladesh par Corentin pour démontrer la viabilité du jute en tant que composite, mesure neuf mètres de long hors tout et pèse environ 1,5 tonnes. Capucine, journaliste et navigatrice française, a décidé de prendre le relais après le voyage Bangladesh – France de Corentin en 2010.
Elle a retapé Tara Tari pendant trois mois à Lorient puis est partie de La Ciotat en novembre. Étape par étape, elle veut traverser l’Atlantique. Pour faire vivre le projet et l’esprit de navigation qui va avec (trois noeuds de vitesse moyenne, pas d’ordinateur ni d’instrument de navigation, espace de vie restreint et matériaux de récup, …). Pour que Tara Tari avance.
Malgré mes tentatives de traduction, mes collègues persistent à parler du “coconut boat.” Moi, je ne sais pas comment le décrire. Ce que je sais, c’est que j’ai complètement craqué. Pour le bateau et pour la nana.
Je ne sais pas si c’est la simplicité du bateau, l’histoire de Capucine, ses raisons, sa façon de raconter son aventure, son calme quand les gens paniquent en apprenant qu’elle souhaite rallier Miami avec ce bateau-là … Je ne l’explique pas, mais j’ai craqué. Je ne souhaite pas forcément être à sa place, je suis bien à Alicante et son bateau requiert un dénuement dont je ne suis pas sûre d’être capable.
Mais Capucine le fait. Elle est allumée, un peu, et pourtant, c’est réducteur de s’arrêter à cette description. Elle est déterminée – il y a un an, elle ne pouvait pas marcher, bloquée par un problème de santé ! Elle a des doutes et des limites, dit qu’elle comprendra pourquoi elle veut réaliser ce voyage une fois arrivée. La seule évidence, c’est qu’elle est sacrément heureuse sur son bateau aux voiles oranges.
Après 10 jours d’escale, dont pas mal de temps passé au QG de la Volvo (ou dans mon salon), elle va repartir vers le sud cette semaine.
Je suis heureuse pour elle, forcément – parce que c’est l’âme de son projet, naviguer. Même si le café du bureau est bon et que mon canapé est confortable, il faut bien qu’elle continue d’avancer. Alors je lui souhaite bonne route, en sachant très bien, même si je ne peux pas l’expliquer, que Tara Tari et sa navigatrice vont me manquer.
Pour suivre Tara Tari : le blog de Capucine.
- Et elle rigole en plus ! © Agathe Armand




je suis a alicante et volontaire de la volvo
ou est ce voilier dans le port d alicante?
Tara Tari était au ponton en face de la réception de la marina, mais son départ est prévu aujourd’hui. Bonne journée !