Je n’ai pas peur de la route

07 juin 2012, Espagne. Je reprends bientôt la route et je réalise que j’ai peu parlé d’un des aspects majeurs de la Volvo Ocean Race : le voyage.

Si toi aussi tu es fan du trip routard, ce tour du monde tous frais payés te fait sans doute rêver …

Et bien détrompe toi.

Je peux l’affirmer parce que je l’ai testée à petite échelle (je suis basée à Alicante et n’ai rejoint que quelques escales de la course), et parce que mes amis en vadrouille sont affirmatifs : cette vie-là n’est pas idyllique.

Il faut faire le tour du monde en neuf mois, 10 pays et un sac de 20 kilos.

Parfois, tu as droit à un chargement dans un containeur … Et encore.

Donc 20 kilos pour neuf mois, c’est marrant comme ça mais en réalité, c’est assez agaçant. Faut être un peu bouddhiste dans l’âme … Détaché des réalités matérielles. Ce qui n’est pas simple quand tu passes de la Chine au Brésil, des Emirats aux Etats-Unis. Faut adapter ton mode de vie … Tes outils de travail, tes tenues … Neuf mois, 10 pays, 20 kilos. À toi de résoudre l’équation.

Vivre à l’hôtel. Deuxième point. Au début, le buffet du petit-déj te fait rêver, tu manges TOUT (pas seulement au début, ah, l’appel du pancake), le ménage quotidien résout tes problèmes de rangement, les serviettes de toilette sont toujours propres et le lit est fait quand tu rentres. C’est confortable mais ce n’est pas intime.

Changer de température et de fuseau horaire en un avion. Petit-déjeuner face à tous ses collègues. Trimbaler son sac de linge sale jusqu’au village. Manger au resto, et rêver de pâtes cuites à la maison. Etre en retard dans sa paperasse perso. Changer de langage tous les mois. Se laver avec des produits de moins de 100 cl. Rapidement arrêter de convertir les monnaies et se faire arnaquer dans les boutiques locales. Ne porter que l’uniforme – il est turquoise, orange et gris. Se réveiller à trois heures du mat’ à cause du jet-lag … Et retrouver tous ses collègues européens en ligne, sur Skype. Vivre toutes ses humeurs en public. Voter par procuration. Insister pour goûter tous les plats locaux et prendre trois kilos. Les perdre en transpirant par 35° à l’ombre – la Volvo ne s’arrête que dans les pays chauds. Ne connaître ses proches qu’à travers sa webcam. Se balader 24/24 avec son accréditation – une page A5 remplie de croix et de numéros – et ne même plus s’en rendre compte. Quitter un endroit le coeur serré. Arriver ailleurs et se dire que ça va être long. Compter ses paires de chaussette restantes en se demandant si ça va suffire avant le prochain avion-maison.

Découvrir, aussi. Aux Etats-Unis, j’ai eu des moments de béatitude totale, où je prenais petit à petit conscience de ce qui se passait, où je digérais enfin l’expérience. Pour les curieux et les voyageurs, cette course est inoubliable. C’est vrai. Elle est exténuante et nombreux sont ceux qui sont trop fatigués pour vraiment en profiter.

Mais je le répète depuis le début : certains moments compensent tous les autres. En particulier ceux qui t’emmènent loin, loin de tes repères habituels. Quelque part dans un port des Maldives, sur une île-poubelle, dans un bar de South Beach ou un un stade américain mondialement connu.

Je n’ai pas peur de la route.

Ecrit avec le précieux apport d’Anne ! 

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2 thoughts on “Je n’ai pas peur de la route

  1. Bon ressenti, bravo pour le feedback de cette course Agathe… et pour cette expérience personelle… Go G4 Go….

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